Le voyage

Vers la fin du printemps, beaucoup de citadins quittent la chaleur de Paris et des grandes villes. "Mille chaises de postes s'élancent de relais en relais vers le Rhin, les Alpes ou les Pyrénées" (Une saison à Aix-les Bains, Amédée Achard, 1850).

Mais comment venait-on à Aix-en-Savoie ?


A la fin de l’été 1816, c’est par une diligence de la ligne Lyon-Genève que Lamartine arrive pour la saison des bains. Le voyage se termine sur la place centrale (aujourd’hui place Carnot).

Dès 1840, le voyage est facilité par la Compagnie Lyonnaise du Haut-Rhône qui met en place un service de bateaux à vapeur entre Lyon et Chambéry.

 

Parti du quai Saint Clair à Lyon dès quatre heures du matin, le Triton remonte le fleuve jusqu’au rapide du Sault (vers Sault Brenaz). Douze chevaux ou boeufs sont attelés sur le chemin de halage pour les aider à franchir ce passage dangereux.

A l’est se dessinent les montagnes du Bugey, à l’ouest le riches plaines de la Bresse.

A la hauteur de Lagnieux, avant de dépasser le premier des deux ponts suspendus qui existent sur le Rhône depuis Lyon jusqu’à Genève, on aperçoit à l’est l’entrée majestueuse des grottes de la Balme, une des sept merveilles du Dauphiné » 

(Aix en Savoie et ses environs, pendant la saison des eaux , écrit par P.C. Ordinaire, Docteur-Médecin, en 1840).

On peut noter que le tracé du Rhone est bien différent en 1840 de celui d’aujourd’hui puisqu’il passait tout près des grottes. Le fleuve était capricieux, traçant son lit ici en déposant ses alluvions le temps d’une saison, s’installant plus loin au printemps suivant.

Grotte de La Balme - Mandrin

Le bateau arrive enfin au pied du fort de Pierre Chatel, et amarre pour la nuit. Un repas vous est servi sur le pont. On peut aussi grimper jusqu’au fort ou une petite auberge vous offre gite et couvert. Mais la nuit sera courte car le Triton reprend sa route à trois heures du matin.

Edifié sur un piton rocheux dominant le Rhône, à la jonction de la Savoie, du Dauphiné et du Bugey la châtelerie de Pierre Chatel à Virignin fut propriété de la Maison de Savoie dès 1285. C’est un péage et passage de la route du sel. En 1362 un ordre de chevalerie y fut créé par Amédée VI, l’ordre du collier. En 1383, à la mort d’Amédée VI (emporté par la peste) la Maison forte fut cédée à l’ordre de Saint-Bruno pour la construction d’une chartreuse.

Prochaine étape, le canal de Savière à Chanaz, lien étroit entre le fleuve et le lac, entre le Dauphiné et les Etats Sardes. La douane savoyarde vous attend de pied ferme, le roi de Sardaigne prohibe tout écrit qui s’avise de parler d’indépendance. Certaines journaux comme Le Siècle, Le National, le Patriote Jurassien seront confisqués, seuls les journaux bien pensants ont droit d’entrée. Le bateau s’engage sur le canal, six hommes sont postés de part et d’autre pour tirer le bateau jusqu’au lac du Bourget.

Le Triton arrive enfin au port Puer, il est dix heure du matin et les baigneurs grimpent dans les omnibus qui les conduiront à l’hôtel ou la pension pour leur séjour dans la cité des bains.

©2019 par masavoiepleinlesyeux. Créé avec Wix.com